Laponie

Pour tous ceux qui n’auraient pas eu la chance de nous écouter raconter nos aventures dans le grand froid pas si froid, je partage ici avec vous ma version de nos tribulations, photos comprises !
Comment on en est venus à aller en Laponie pour notre lune de miel :
Ivo n’aimant pas la chaleur, toute destination classique de « lézardage » sur la plage semblait proscrite. On cherchait un endroit fou, qui serait LE voyage. Pour ma part, ayant eu un grand besoin de voir du « rien » où il n’y a « personne » à cette période-là, l’Antarctique ou le Pôle Nord, me tentaient assez… la Laponie fut choisie : c’est un endroit bien frais pour Ivo, plat et sauvage pour moi, avec des étendues de neiges à perte de vue et sur 360°. Du Rien et du Personne.
Comme on n’est quand même pas si foufous que ça, qu’Ivo n’est pas Indiana Jones et que ma frilosité est légendaire (malgré mes rêves d’aventures polaires), nous sommes passés par une agence spécialisée, Nordic Visitor, dégotée sur internet (Google est mon ami). Ils nous ont donc envoyé de notre plein gré pour 5 jours au fin fond de la Suède, dans la dernière grande ville avant les terres hostiles… Kiruna.

Après 3 trajets en avions pris le jour de Noël (ou comment esquiver une réunion de famille avec une excuse en béton), notre dernier petit avion a atterri sur la neige, au milieu du grand Rien. (Chéri, sans rire, il la voit la piste le pilote là tu crois? Comment il sait qu’on est pas sur un lac en fait?)
Déjà du dessus on avait un aperçu : de la terre gelée, avec comme seule indice de civilisation une seule grande route toute droite.

Vue de l'avion

Armé de nos vestes et chaussures électriques (ben oui, je suis frileuse, j’avais prévenu!), nous sommes sortis de l’avion et avons découvert le paysage, avec beaucoup d’émotion, surtout pour moi j’avoue. C’était… immense, et vide. Comme on l’imaginait mais en vrai et donc forcément en mieux ! On a eu un blanc. Comme tout ce qu’il y avait autour. Le soleil se levait, il était 10h45, et presque bon : -10°C.

Avec le peu de monde dans ce petit aéroport rouge, nos guides nous ont vite trouvés ! Ils ont regardé nos vestes et ont décidé de nous rajouter une couche malgré tout, prêtée par la maison pour la semaine : une combinaison à la Bibendum énorme avec cagoule, sur-gants, chaussettes en laine et un bonnet moche mais chaud.

Un traineau à chiens nous cherchait à l’aéroport pour nous emmener à l’hôtel de glace. (Dans nos têtes, ça faisait : youpiiiiii youpi youpi youpi youpi youpi !)
Juste dessous, c’est le parking à traîneau, devant l’aéroport, et la première « maison » que nous avons vue en sortant. 95% des photos seront étranges, ont vous prévient. Certaines prises avec l’Iphone, d’autre avec le Nikon gentiment prêté par la frangine et presque toujours de nuit, ou pas loin. Car même quand il fait jour, à Kiruna, on ne voit pas le soleil, seulement la lumière qui arase la terre et parvient jusqu’à nous…

Les chiens attendaient sagement dans leurs boîtes de pouvoir se défouler les pattes.

Hep, les 2 au fond de la classe, c'est pas bientôt fini de vous chamailler?
Il faut savoir que sur un chien de traineau, il n’y a que 2 fonctions: courir et gueuler, ou c’est l’un, ou c’est l’autre. C’est Ivo qui a conduit les chiens : même avec toutes mes couches bibendum, je ne faisais pas le poids face aux 6 surexcités chargés de nous emmener. J’ai donc pu profiter du paysage assise sur le traîneau comme une princesse (qui perds ses orteils). Comme c’était loin et long (presque 3 h de trajet) nous nous sommes tous arrêtés pour bivouaquer dans un tipi : soupe aux champis au feu de bois, assis sur des peaux de rennes. Un des meilleurs moments du voyage.
Quand on est sortis du tipi, le soleil se couchait déjà. Il était seulement 14h. Dommage hein…
Aucune photo prise ne rend les couleurs réelles de ce moment. Le ciel était moitié rose, moitié bleu turquoise, comme l’eau dans le magasine sur les Maldives… qu’on ne regrette pas!

On est arrivé à l’hôtel de glace et c’était comme je me l’imaginais : joli mais commercial. Il est reconstruit tous les ans par un architecte différent. Celui de cette année était un Japonais. Il y fait entre -3 et -5. Ayant déjà donné aux scouts, j’ai été bien contente de ne pas dormir sur place ! Le bar était par contre tout à fait sympathique, avec ses verres en glace. Pas besoin de faire la vaisselle : quand tu as fini, tu balances dans l’eau chaude!

EntréeAccueilLe barJeu de la bouteilleVerres de glace

Après l’hôtel de glace, nous avons découvert notre vrai chambre dans un hôtel bien chaud, la connexion wifi, et la douche, pour décoller l’odeur de husky mouillé qui nous poursuivait depuis le matin… 🙂
Un tour au steack house plus tard, on peut vous dire que le renne, c’est bon, que le renne fumé, c’est très très bon, et que l’élan (ou moose), eh bien c’est excellent!

Le lendemain matin, nous avons décidé de faire un petit tour dans la ville, pour voir à quoi ça ressemble, une ville habituée à des températures extrêmes. Les maisons ou parfois immeubles sont petits, éparpillés, même en centre-ville. Voyez plutôt :

Au fond, la grande colline, c’est la mine. C’est grâce à ou à cause d’elle qu’il y a une ville ici. Mais j’en reparlerai plus tard…

L’église, avec son clocher séparé.


Ici, pas de pistes cyclables mais des pistes pour un truc hybride entre une luge et un déambulateur…

L’après-midi nous avons visité une ferme de rennes, avec un Sami (peuple de Laponie, nomade généralement, et éleveur de rennes, sans surprise). En Suède, seuls les Samis ont le droit de posséder un renne.

Il faisait nuit noire, ce qui explique le manque cruel de photos… Mais sachez que nous nous sommes baladés dans l’enclos, que nous avons fait du traîneau à un renne et que les rennes, contrairement à ce que disent les livres d’enfants c’est des vrais sal…peries! On était loiiiiin de l’image idyllique du traineau à 6 ou 12 rennes du Père Noël, tous bien arnachés gentiment et dans le bon ordre. Ils adorent se servir de leurs bois, en toutes occasions. Et 2 bonhommes et 10 minutes sont nécessaires pour atteler un renne qui a décidé que « non, aujourd’hui j’ai pas envie ». Heureusement que ça ne fait « qu’une centaine » de kilos. Ceci dit, une fois attelés, chacun s’est tenu tranquille. Pour mon tour de luge, j’ai eu droit au plus feignant, qui passait son temps à farfouiller sous la neige et à carrément s’arrêter dès que je ne le taquinais pas avec sa longe. Il a fini par courir un peu et un renne qui court vu de dos, c’est franchement hilarant. Pour ceux qui connaissent, ils ont exactement la même démarche que la « monture festive » dans WoW… les pattes écartés, en roulant un peu des fesses. Celui d’Ivo a été plus énergique et a fait la course avec son voisin. Le tour s’est donc malheureusement rapidement terminé pour lui.

DSC_0085

Nous nous sommes ensuite réchauffés dans le tipi, autour d’un feu, avec du renne fumé et du jus chaud d’une petite baie qu’ils n’ont que là-bas : la mûre arctique. Nous en garderons un souvenir gustatif impérissable! Le maître des lieux a ainsi pu nous expliquer tranquillement au chaud que les Samis ont plusieurs lieux fixes entre lesquels ils migrent en fonction de la période de l’année, mais que oui, ils sont comme tout le monde malgré tout, même qu’ils sont sur facebook… Il nous a ensuite amené dans le musée du peuple Sami, qui est en extérieur comme presque tout là-bas en fait. C’est pas mal, ça évite les longues séances d’habillage-déshabillage quand on rentre quelque part où il fait plus de 0.

Suite au prochain épisode… 😉

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